Si les Pipe-bands, écossais ou autres, n'interprètent pas tous (ni toujours) les mêmes airs, il existe quelques grands standards incontournables dans le répertoire écossais, et bien évidemment dans celui des cornemuseurs de la COTWE. C'est à leur découverte ou leur re-découverte que nous vous invitons, à partir de la liste, non exhaustive, ci-dessous.
Certains de ces morceaux vous sont probablement familiers, mais vous n'en connaissez pas forcément le titre. Une lacune que vous pourrez facilement combler.
Au passage, vous prendrez acte en 8) que "la valeur n'attend pas le nombre des années".
1) Highland Cathedral
Composé en 1982 par deux musiciens allemands, la beauté mélodique de ce morceau l’a conduit à postuler - sans succès - au titre d’hymne national écossais.
La cathédrale dont il est question aurait servi au roi Jacques Ier d’Écosse (1 394-1 437) à réunir les chefs de clans afin de mettre un terme à leurs querelles.
Morceau fédérateur par son histoire, il l'est également sur le plan musical, car ce titre est régulièrement repris par les pipe-bands.
2) Green Hills
Ce chant a été écrit pour les soldats écossais tombés loin de leur patrie. Il est aussi connu sous l’appellation de "A Scottish Soldier". C’est l’une des plus anciennes mélodies jouées par les pipe bands. Originellement tiré de l’opéra "Guillaume Tell" de Rossini, il a été retranscrit pour la cornemuse en 1 854 par le Pipe Major John MacLeod après qu’il l’eut entendu joué par un groupe militaire de Sardaigne pendant la guerre de Crimée.
3) Flowers of Scotland
Composé en 1968 par Roy Williamson du groupe The Corries, c’est l’hymne préféré des écossais et l’hymne officieux de l’Ecosse (l’hymne officiel reste le God save the King).
Depuis 1 993, il est joué en ouverture de chaque match international de rugby de l’Ecosse en remplacement du fameux « God save the Queen ».
4) Scotland the brave
Créé dans les années 1 890, c’est la marche du Royal Régiment of Scotland depuis 2 006.
C’est aussi l’hymne favori n°2 des écossais.
Il accompagne l’entrée et la sortie des défilés de dignitaires et hauts dignitaires lors des chapitres COTWE.
5) Amazing grace
Les paroles écrites en 1 772 sont de John Newton (1 725-1 807). Elles ont été publiées en 1 779 sous le titre "Faith's Review And Expectation".
La chanson passa ensuite à la postérité avec les deux premiers mots qui débutent le texte : "Amazing Grace".
Ce n'est qu'en 1 835, sous l'impulsion de William Walker, que les paroles ont été accolées à un air précédemment nommé "New Britain".
La mélodie actuelle a été adaptée pour la cornemuse par le pipe band du Royal Scots Dragoon Guards en 1 972.
6) Farewell to Camraw
La légende de « Farewell to Camraw » est celle d'un air lent composé dans les années 1 990 par le Pipe Major Robert Mathieson, duShotts and Dykehead pipe band. Si vous cherchez un endroit en Écosse qui porte le nom de Camraw, vous ne le trouverez pas.
Mathieson a composé ce morceau lorsqu'il a remplacé les chanters Warmac de son pipe band par des chanters Shepherd. À l'époque, les chanters Warmac étaient considérés comme des chanters de cornemuse de qualité inférieure, destinés aux débutants. Ayant décidé que le groupe avait besoin d'un instrument plus moderne, il a néanmoins voulu rendre une sorte d'hommage aux chanters Warmac, en intitulant sa composition « Farewell to Camraw », qui est tout simplement l'anagramme de Warmac.
7) The bells of Dunblane
Le 13 mars 1 996, un chômeur de 44 ans ouvre le feu sur les élèves d’une école primaire de la ville de Dunblane en Ecosse.
Il tire à 109 reprises, tuant 16 enfants et un adulte, avant de se suicider.
En mémoire de cette tragédie, le pipe major Robert Mathieson (cf morceau 6) composa cet air lent qu’il dédia aux victimes et à leurs proches.
Il l’appela « les cloches de Dunblane » parce que les cloches de la cathédrale sonnèrent longtemps en hommage aux victimes, contrastant avec le silence ambiant des gens sous le choc. De l’avis de tous, le son des cloches traduisait bien plus que les mots n’auraient su dire.
8) Marie's wedding
« Marie’s Wedding » (le mariage de Marie) est une chanson folklorique écossaise originellement écrite en gaélique par Johnny Bannerman (1 865-1 938) en 1 935 pour célébrer le mariage de son amie, célèbre chanteuse Mary McNiven. Mariage qui ne se réalisa en fait qu'en 1 940.
La version anglaise date de 1 936. Elle est l'oeuvre de Sir Hugh Stevenson Roberton.
La mélodie originelle, créée sur l’île de Lewis dans les Hébrides, est probablement d’origine Irlandaise. Elle a été présente dans les répertoires des harpistes et des violonistes avant de l’être dans ceux des sonneurs.
Devenue une mélodie incontournable des mariages, elle a été reprise par bien des célébrités : Kenneth McKellar, The Rankin family, The Clancy Brothers, The Chieftains avec Van Morrison et Alan Stivell.
9) Auld Lang Syne
Derrière le célèbre "Ce n'est qu'un Au Revoir" se cache un très vieil air écossais…
On en trouve des traces dans une complainte issue d'un manuscrit du XVIème siècle.
L'expression « Auld Lang Syne » peut se traduire par "il y a longtemps" ou "il était une fois".
Les paroles, qui constituent une ode à l'amitié, sont attribuées à Robert Burns depuis leur publication en 1 796.
Toutefois, de l'aveu du poète écossais lui même, l'essentiel du texte est bien antérieur, Burns l'ayant seulement complété de deux couplets.
La transposition française (1 920) est due à Jacques Sevin, un acteur essentiel du scoutisme en France.
Auld Lang Syne s'est imposé dans le monde anglo-saxon en tant que mélodie du nouvel an sous l'impulsion du canadien Guy Lombardo à partir de 1929.
À l'instar d'Amazing Grace, sa popularité s'est internationalisée.
Par effet de feed-back, l'air est revenu en force en Ecosse dans les festivités d'Hogmanay (nuit de la St Sylvestre) ainsi que pour clôturer d'autres évènements traditionnels (Burns nights, ceilidhs, etc…) ou d'autres cérémonies.
10) Highland laddie
Plusieurs chansons sont associées à cette mélodie, dont celle écrite après la bataille de Falkirk (17 janvier 1 746) glorifiant la révolte Jacobite de Bonnie Prince Charlie, et la ballade de Robert Burns narrant l’impossible amour entre une jeune fille - bien éduquée - des Lowlands et un beau jeune homme des Highlands - vêtu d’un kilt et de haillons - qui devra se contenter de lui offrir une promenade dans les Highlands accompagnée d’un pique nique-servi sur son plaid.
En 1 881, les régiments des Highlands de l’armée britannique adoptèrent par décret “Highland Laddie" comme marche rapide officielle, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Sans doute pour l’entrain et le dynamisme qu’elle insuffle. Il est en effet probable que les sergents recruteurs de l’armée faisaient jouer cet air en vue de galvaniser les indécis et les décider à émarger la feuille d’engagement.
Compte tenu de l’important taux de perte parmi les sonneurs lors de la première guerre mondiale, l’usage de la cornemuse au combat fut prohibé. Lord Lovat, commandant de la 1ʳᵉ Brigade spéciale britannique, ignora cependant les ordres et Bill Millin, son sonneur âgé de 21 ans, débarqua en Normandie le 6 juin 1 944, jour du D Day, en jouant "Highland Laddie" sur la plage de Sword. Les allemands ne le prirent pas pour cible, car ils crurent qu’il était fou.
11) La Boum
"la boum" est une adaptation musicale de la chanson "un été de porcelaine" créée et interprétée par Mort Schuman (1 938-1 991) en 1 977 pour le film "l'hôtel de la plage".
C'est le Bagad Brieg, formation bretonne fondée en 1 978 à Briec qui en a été l'artisan.
La Boum est aussi le titre d'un album réalisé en collaboration par entre le Bagad Brieg et The Shotts & Dykehead Caledonia Pipe Band, un pipe band écossais de grade 1. C'est sans doute la réussite de cette collaboration et la notoriété des Shotts qui valent à la Boum d'être interprété par un grand nombre de Pipe-Bands.
